23 ans après l'Apocalypse, la Noblesse est réinstaurée, les Scientistes imposent lentement leur suprématie. Tout ça n'est qu'une façade, venez découvrir la face cachée d'Andori, l'Europe ravagée par l'Apocalypse...
 
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 Et cette glace dans nos sangs

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MessageSujet: Et cette glace dans nos sangs   Sam 16 Juil - 20:25

Pour Amanda : On ne savait pas où caler ce RP qui allait dans le passé, donc on a décidé de le faire ici. Si tu ouvre une catégorie pour, je le déplacerais sans problèmes.



Décembre 2015. Alix a 23 ans. Alix n'est ni le protecteur du temple, ni quoi que ce soit d'autre. Il est juste une épave.





Défonce.
Il n'avait que ce mot la dans la tête. Il ne pensait à rien d'autre malgré la main glacée de la jeune fille dans la sienne. Il voulait lui faire une surprise mais il tremblait. Non pas de cet air froid qui aurait fait frissonner un husky. Non. Il tremblait de manque. Son manque. Pire que le sexe et toutes les drogues que vous connaissez. Sa foi s'en était allée depuis qu'il avait commencer à aimer la douce Alice.
Mais alors, que faisait cette rouquine à côté de toi ? Si tu en aime une autre, laisse la partir, petit fou. Laisse lui sa liberté, plutôt que de l'amenée dans cette boite un peu spéciale. Dans ce coin paumé ou seuls les privilégié ont le droit d'entrer.

Je me souviens, tes doigts étaient gelés.
Il pensa ces quelques mots avant de les répétés dans un sourire. Juste pour lui prouver qu'il se souviens de leur rencontre, de ce geste intime un peu trop rapide. Quand il avait posé sa main sur la sienne. Il s'était étonné de la froideur de son corps. De la douceur de sa peau. Et toi tu l'invitais dans ce même refuge, tamisé de lumière criardes. Il commanda deux cocktails. Le même que celui qu'ils avaient bus la première fois. C'est à se demander comme il se souvenait du nom, lui qui était à peine sobre. Lui qui pour elle, ne s'était injecté sa dose qu'une fois en deux semaines.

Défonce.
Il n'a que ça en tête. Ils sont à l'intérieur, assis à une table au fond, dans le coin qui fait aussi restaurant. La musique est moins stridente. Plus douce, même. Mais les lumières sont toujours autant agressives. Et là il se pose une question qu'est ce que je sais d'elle ? A part qu'elle l'a vu en mauvais trip, à vomir des insanités, à se perdre dans le vide, à tomber d'une hauteur indéfinissable. Qu'est ce que je sais d'elle, à part qu'elle s'appelle Félicia ? Rien. Ah. Si. Il l'aime. Un peu. Pas comme il aime Athéna. Non, non. Il n'aimera jamais personne comme il a aimé Athéna, il l'avait tellement aimé que pour lui, elle était une déesse, une divinité, l'idéal parfait.

Défonce.
Ce mot résonne encore dans sa tête. Et pourtant, il essaye d'y renoncer. Pour elle, cette nouvelle beauté, aux cheveux de flamme, aux airs encore enfants. A cette fille dont il ne connait presque que le gout de ses lèvres. Il est encore incapable de lui dire Je t'aime. Deux semaines ne suffisent pas. Une vie ne suffirait peut-être même pas. Mais il essaye de la couvrir d'attention. De lui montrer qu'ils pourrons aller plus loin.

Mais elle ne sait pas que s'il dit qu'il n'a fait qu'un seul mauvais trip depuis que tu as embrassés ses lèvres pour la premières fois, ce n'est qu'un mensonge. Regarde, il tremble encore. Être fragile. Epave en perdition. Il suffit de regarder ses yeux, cachés par quelques mèches blondes, pour voir que maintenant, il vient à peine de redescendre, et qu'il attends sa dose avec impatience. Regarde ! Ses doigts bougent tout seuls et il fouille dans les poches de son long manteau en cuir.
Il aurait put en sortir un bijoux ou un poème. Mais non.

Défonce.
Ce mot deviens réalité en même temps qu'il sort la poudre blanche qu'il commence à étaler sur la table. Regarde cet incompétent, il va rejoindre sa maîtresse alors qu'il est censé fêter votre bonheur. Mais il est simplement con. Parce que ce qu'il pense, c'est qu'il va retrouver de sa splendeur fictive lorsqu'il aura sniffer ces quelques lignes immaculées. Ce qu'il s'imagine, c'est que ça ne te vexera pas. Regarde, la voilà, la blonde qui l'enlace peu à peu. Et lui. Lui ses pupilles se dilatent jusqu'à ce que l'on ne puisse plus voir la couleur éthérée. Seulement ce bleu azuré. Même pas encore les vaisseaux sanguins qui transparaissent. Non. Juste un océan trop grand pour une terre trop petite. Et il se risque à quelques mots. Quelques mots de trop sûrement.

« Tu veux tester ? »

A croire qu'un mot gentil lui aurait arraché la gorge. Pas un mot tendre. Pas une simple phrase bateau, du genre J'aime passer du temps avec toi, ou encore Je suis bien à tes côtés. Ou encore plus cliché, Que tu es belle ce soir. Non, il avait fallu que ses premiers mots soient les paroles d'un drogué, d'un camé en chute libre. D'un de ces gars, qui veux baiser avec les étoiles. L'un de ces mecs, qui serait aller au sommet de la Tour Eiffel pour se rapprocher du ciel et serait tomber, sans se dire qu'il aurait put crever. Non. Il aurait apprécier la chute pour l'adrénaline dans le sang. Pour la sensation de liberté. Pour le désir d'être unique. Pour le simple fait d'être en vie.
Parce que lui, se mordre la langue jusqu'au sang, ça ne lui suffit pas.

Défonce.
Ce mot, il se le répète. Et espère qu'elle en a envie. il n'attends pas sa réponse et tends la serviette en papier sur laquelle il trace deux nouveaux rails blancs. Des rails de neige, comme il se plait à les appelés. Il pousse le bout de papier vers elle en sortant un billet qu'il met avec.
Il sait très bien, qu'ici on lui interdira pas de faire ça. C'est le serveur qui lui a donné sa dose en même temps qu'il glissait un billet dans sa main pour prendre le menu.

Défoncé.
Il l'est. Il n'est que ça.

Et voilà son vrai visage, à ton prince charmant, à ton bad boy, à ton homme. C'est le vrai visage d'Al, qui se dresse devant toi, dans toute sa desplendeur. Et toi tu ne le vois pas, mais Alice l'enlace. Elle se tiens derrière sa chaise. Il respire son parfum. Il ne se contrôle plus. Il ne se doute pas que tu peux envoyer valser sa came, que tu peux le suivre dans son mauvais trip. Il ne se doute de rien. Même pas du fait que quand il veux t'appeler, il prononce ces cinq lettres fatidiques dans un murmure.

« Alice. »
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Felicia Godwin


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MessageSujet: Re: Et cette glace dans nos sangs   Mar 19 Juil - 22:02

Décembre 2015. Félicia a 25 ans. Elle ne dirige pas le département de sociologie. En fait, elle ne dirige rien, pas même sa propre vie…

Perdus.
La date de remise de sa thèse approchait, mais la jeune scientiste ne savait pas où donner de la tête. Elle ne supportait plus son sujet d’étude. Elle ne supportait plus l’ambiance pesante et hiérarchisé du complexe. Elle ne supportait plus les conseils bienveillants de son père. Elle ne supportait plus ses amis si sûrs de la suprématie et du bon droit des scientistes. Sa vie n’était qu’une succession de journées mornes, ne menant nulle part.
Une seule incursion de fraicheur dans sa vie tracée d’avance, la rencontre avec ce blondinet aux airs rebelles. Deux semaines auparavant, lors d’une virée dans le club branché du moment. Un peu éméché, elle était tombée sur cet inconnu par hasard. Les choses s’étaient poursuivis sans contrôle, mais la lumière du jour n’avait pas mis fin à leur relation. Il était tellement…différent. Félicia avait l’impression qu’il pouvait lui apporter tout ce qui lui manquer. Et il ne demandait rien. Ils passaient leurs rendez-vous à zoner çà et là.

Perdus.
Alors qu’il lui semblait que le jeune homme était devenu son nouveau repère, elle découvrit qu’il était au moins aussi perdu qu’elle. Bien sûr, elle avait pris peur lorsqu’ils avaient déblatéré des propos sans queue ni tête, avant de comprendre en voyant les restes de poudre sur la table basse. Finalement elle n’était pas partie. Ils s’étaient raconté leurs vies, eux qui jusque-là n’avaient pas beaucoup parlé. Ils lui avaient promis qu’il voulait arrêter, et celle qui n’avait pas de but dans la vie, s’était dit qu’elle avait enfin un rôle. Peut-être que s’ils s’aimaient vraiment, il arriverait à se sortir de là. Elle avait bien conscience de sa naïveté, mais si elle ne se rattachait pas à cette idée, il ne lui restait plus qu’à retourner dans la grisaille étouffante du complexe.

Perdus.
Lorsque le manque se faisait plus pressant, il semblait confus, mais il tint bon pendant un temps. Malgré les crises, Félicia s’accrocha à lui, et ils se perdirent ensemble. Certes aujourd’hui, il n’en pouvait plus. Mais il avait tenu deux semaines. Certes ils devaient passer la nuit dans ce club où ils s’étaient rencontrés. Mais de nombreuses personnes en faisaient autant dans ce lieu de débauche. Certes des scientistes risquaient de reconnaitre la fille du Docteur Godwin en mauvaise compagnie. Mais ça ne faisait pas peur à la jeune rouquine. Il avait déjà fait tellement d’effort pour elle qu’elle ne voulait pas risquer de le voir exploser et tout laisser tomber. Alors elle le laissa faire.

Perdus.
Elle se sentit mal en le voyant tracer des lignes blanches sur la table. La nausée lui montait aux lèvres. Elle avait l’impression de faire une grossière erreur. Il valait peut-être mieux qu’il arrête brutalement plutôt que de s’accorder une petite dose de temps en temps. Mais il avait tellement mal réagit il y a quelques jours, quand elle l’avait empêché de retomber…

« Tu veux tester ? »

Félicia le dévisagea, mais il ne la regardait pas. Elle se sentait mal, coupable de l’avoir laissé prendre sa dose. Elle se rapprocha de lui, et lui caressa le cou, mais il ne fit pas attention à elle. Elle avait envie de pleurer. Elle regarda la poudre. Peut-être que si elle comprenait mieux ce qu’il ressentait, elle serait plus à même de l’aider. Elle repensa aux vieux contes. Peut-on sauver Eurydice sans descendre aux enfers ? Personne ne semblait faire attention à eux ce soir. Sans doute aurait-elle la force de résister à la tentation d’en reprendre.

Perdus.
Finalement, elle abandonna ces fausses excuses. Peut-être que cela lui ferait du bien de lâcher prise pour quelques minutes, de quitter ce chemin tracé pour elle, de suivre sa propre voie, quoi que ça puisse être. Elle déposa un baiser sur le front d’Alix, et commença doucement à se rapprocher de la table basse. Elle se baissait lentement lorsqu’il entrouvrit les lèvres

« Alice »

La jeune femme eût la sensation qu’une balle perdue venait de lui transpercer le cœur. Elle avait le souffle coupé, mais réussit quand même à articuler

« Qu’est-ce que tu as dit ? Qu’est-ce que tu as dit ? »
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MessageSujet: Re: Et cette glace dans nos sangs   Jeu 21 Juil - 16:18

Le prénom de sa maîtresse. Voilà ce qu'il a dit. C'est comme se tromper de nom à un mariage. Inexcusable. Et le pire, c'est qu'il ne relève même pas lorsqu'elle demande. Son visage se tourne lentement vers celui de Félicia. Il ne pense qu'aux étoiles et pose un baiser sur son front. Il ne sait pas. Il ne sait pas à quel point il avait l'air pathétique. Il commençait déjà à perdre pied. Comme si c'était la première fois. Ca fait mal Comme chaque première fois. Comme chaque premier rail. Il va pour passer une main dans la chevelure rougeoyante de cette dite amoureuse quand il arrête son geste, comme pétrifier par le regard qu'elle lui lance, entendant enfin les mots qu'elle a prononcée quelques secondes plus tôt. Il ramène ses doigts contre son front, posant son coude sur la table. Les lumières agresse son cerveau. La musique de la boite effleure ses tympans. C'est jamais le bon endroit pour se foutre en l'air.

« J'ai... J'ai dit...»

Et il est incapable de prononcer quoi que ce soit. Il est déjà loin avec les lumières du ciel. A danser sur les étoiles de l'espace. A s'en foutre de tout. Seul son corps est encore assis sur cette chaise. Ses yeux fixent la rouquine. Les pupilles dilatées, presque explosées.

« Je... »

N'essaye pas. Tu n'y arriveras pas. Il secoue la tête. Il voudrait redescendre, quelques secondes, juste pour lui dire.
Non. C'est pas possible. Son coude glisse, son corps le suit et il se retrouve par terre, à ne pas trop savoir comment il est arrivé là. Il veut lui dire qu'il tien à elle. Qu'il voulait lui faire partager un peu son monde onirique, ses idées utopistes. Mais qu'est ce qu'on peut savoir d'un monde qui ne nous donne qu'une horrible image, crachant ses tripes sur le sol ? C'est évident, qu'il faut toujours refuser la première fois. Parce qu'une fois ce cap passé, tout est si simple. On se dit Je l'ai déjà fait, et j'en suis pas mort. Alors pourquoi pas encore ?

« aime... »

Mais t'aime qui, mon gars ? T'aime Félicia, t'aime Alice ou t'aime l'alice ? C'est vrai, ça. Il aime quoi à la fin ? Il aime sa tendre Athéna ? La déesse qui l'a obligé à avoir une vie cachée ? Les femmes en général ? Une femme comme Félicia ? Ou juste perdre pied, être un autre et perdre toute notion de réalité ? C'est qu'il est tombé bien bas. Que la chute continue. Alix ne se relèvera peut-être pas. Vas y. Dis moi ce que tu aimes.

« Toi... »

Il redeviens lucide. Arrive à prononcer ses phrases en étant complétement ailleurs. Il sait pourtant, que l'alice c'est pas comme de la C qui te rends suractif. Il sait pourtant que c'est pas comme l'héro. Et que c'est bien pire. Alix n'aurait jamais dut toucher à cette drogue sur cette serviette rouge. Pas à ce moment là.

« ...Mais pas comme Athéna... »

Et voilà que le drame se produit. Il compare sa nouvelle petite amie avec la femme qu'il a aimé depuis le premier regard. Ou plutôt, il la compare à la femme qu'il aime. Quelques pleurs s'étouffent dans sa gorge. Ce simple prénom le rend autre. UN frisson parcours son échine et meurt à la naissance de sa tignasse blonde. Son corps semble s'immobiliser avant de se crisper. Le jeune homme attrape la nappe, comme pour se relever. Mais aucun autre mouvement ne suit. Ses yeux se plongent dans ceux de Félicia.
Et il sait très bien que les mèches rousses se ternissent. Et il sait très bien que le visage qu'il commence à voir ressemble de plus en plus à celui d'Athé. Alors des larmes lui monte aux yeux. Mais il ne pleure pas. Elles restent coincées sous ses paupières. Il grimace.

« Fé... Félicia... »

Il voudrait qu'on l'aide. Il voudrait qu'elle l'aide. Mais il a déjà commis l'irréparable. Et même, le moindre de ses geste est inutile, voir de trop. Il s'appuie sur sa main, essaye de se redresser et tendre de caresser sa joue. Pour la première fois, il tente de savoir différencier Athéna d'une autre. D'habitude il se laisse aller à ses illusions. Et pourtant il a du mal. Il veut reconnaitre la peau de la jeune Godwin. Mais il n'y arrive pas. Il veut encore prononcer son nom. Et il le fait. Encore et encore. Sans que ça ne rime à rien si ce n'est une obsession imparfaite.
Parce que dans sa tête, c'est le prénom d'une autre qui raisonne.
Alice meurt déjà, aux côtés d'Athéna. Elle ne fait pas le poids. Il n'y a plus qu'à espéré que ce soit Athéna qui rende une nouvelle fois son dernier souffle pour laisser les deux nouveaux amants.


[HS : Désolée. Je. C'est un peu spécial. C'est un peu tout les conflits qu'il a dans la tête.]
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Felicia Godwin


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MessageSujet: Re: Et cette glace dans nos sangs   Dim 24 Juil - 13:13

Félicia est tétanisée, et ne réagit pas lorsqu’Alix se lève et dépose un baiser sur son front. La scientiste grimace. Croit-il qu'il va s'en sortir ainsi? Lorsqu’il tend sa main vers elle, elle lui lance un regard furibond. Il semble avoir remarqué sa réaction, et stoppe son geste. Il ramène maladroitement ses mains à lui, comme si cela lui demandait un effort de coordination. Il bafouille péniblement quelques mots, avant de s’effondrer. En le voyant affalé au sol, la jeune femme se demande bien ce qu’elle a pu lui trouver. Les lumières bariolés de la boite de nuit cachent la blondeur de ses cheveux. Son petit sourire si craquant a laissé place à une affreuses grimace. Le prince charmant est devenu un vilain crapaud.

Merde, mais qu’est-ce que je fais avec cette … loque ? qu'est ce que je sais de lui? Qu’est-ce que je peux attendre de lui ? Qu'est ce qui m'a retenue de le plaquer quand j’ai découvert son addiction ?

Toujours vautré au sol, dans la fange, le crapaud tente à nouveau d’articuler, lentement, péniblement. Où est donc passé sa verve et son assurance ?

"Je… aime…toi."

Ah oui, on essaye de sa rattraper ? La pente va être dificille à remonter. Mais peut-être reste-t-il un peu d'espoir? Felicia se surprend a espérer encore.

« Mais pas comme Athéna. »

Quoi ? Qui c’est celle-là encore ? Une vague de fureur parcourt la jeune femme. Elle lève la main, s’apprêtant à lui asséner une gifle. Mais son geste s’arrête en voyant qu’Alix n’arrive même pas à se relever. A quoi bon frapper une épave pareille ? Sa gorge se noue, elle a l’impression d’étouffer. Elle ramène sa main à son visage pour cacher ses yeux, tandis que des larmes roulent sur ses joues. Elle reste ainsi quelques minutes, se concentrant sur sa respiration, puis elle se redresse. Le camé n’a pas bougé. Il la regarde d’un air stupide.

Refusant de poser d’avantage son regard sur Alix, Félicia parcourt la boite de nuit du regard. Juste à côté d’eux, un seau à champagne vide trône sur un guéridon déserté. La jeune femme s’imagine versant l’eau glacée sur le junkie. Puis son sang se met à bouillonner, et elle est prise d’une furieuse envie de se saisir du seau en métal et d’en frapper violemment ce salaud qui s’est moqué d’elle. Elle l’imagine rampant au sol, le visage en sang, avec des glaçons autour de lui. Elle détourne les yeux avant de succomber à la tentation, et son regard se pose sur la dose de poudre blanche qu’il avait déposée sur la table basse devant elle. Tout d’abord, elle s’apprête à la disperser d’un revers vengeur de la main. Puis sa colère lui souffle une autre idée à l'oreille…

"Félicia"

A défaut de réussir à se relever, Alix semble à nouveau capable de prononcer son nom. La jeune femme note la performance. Il y avait beaucoup d’autres prénoms possibles. Le risque d’erreur était grand ! La scientiste essuie ses larmes d’un revers de main. Heureusement qu’elle avait mis du mascara waterproof. Elle se ressaisit, et plante son regard dans le sien.

"Alice ? Athéna ? Qui sont ces pou… ces filles ?"

Le junkie bafouille difficilement des propos incompréhensibles. Pour la jeune femme, la colère monte à nouveau.

"Arrête. Dis-moi juste : qu’est-ce que je suis pour toi ?"

Le jeune homme plisse le front. La question semble provoquer une réflexion ardue. Félicia serre les poings et son visage se durcit. Ce silence confirme ses craintes. Finalement elle décrispe sa mâchoire pour simplifier la question. Elle prend sur elle pour poser sa voie et articuler distinctement.

"Allons, allons, Alix. Réponds simplement : que ressens-tu pour Félicia ?"
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MessageSujet: Re: Et cette glace dans nos sangs   Jeu 11 Aoû - 15:35

Qu'est ce que tu es pour lui ? C'est bien vague comme question. C'est tellement bague que tu le perds d'avantage. D'autant plus qu'il ne sait pas qui tu es. Il sait à peine qui il es. Tu pourrais être n'importe qui. Tu pourrais être n'importe laquelle. Rien. Une fille qu'il a ramassé dans un bar. Une amie. Une amante. Un idéal. Une inconnue. Une mère. Une sœur. Une hallucination. Un rêve. Une autre. Une vie. Une mort. Une drogue. Tu peux être n'importe quoi. Tu peux être n'importe qui. Tu peux être n'importe laquelle.

Et tu prononce ton prénom comme si de rien n'était. Comme si tu n'étais pas toi. Et lui ne sait pas, que tu l'es. Et lui, il te répond, à moitié chancelant. Alice est morte. Alice est morte dans son cœur et dans son corps. Et il voit tes mèches se foncées tout en restant bouclées. Tu n'as pas son visage mais ses yeux. Tu n'as pas son sourire mais ses yeux. Tu es elle. Celle que tu devrait le plus redoutée, entre la défunte et la drogue. Entre la réalité et le rêve. Doux amalgame de ses deux extrêmes.

« Félicia... »

Ton nom raisonne dans sa bouche, entre ses lèvres, comme s'il hésitait à te dire la vérité, ou peut-être simplement ne sait-il pas. Tu aurais dût le sauver. C'était écrit quelques part, dans les lignes d'un livre qui n'existe pas. C'était écrit quelques part, sur un coin de table. C'était écrit dans une autre vie. Tu aurais été sa félicité, sa joie, sa liberté. Alors il a quelques larmes aux coins des yeux. Il a ce sanglot dans la gorge. Parce qu'il ne sait pas. Et parce que ce qu'il sait ne lui plait pas. Sa voix est un peu plus roque, enrayée, déraillée. Un peu comme s'il avait trop pleuré, un peu comme s'il avait trop fumé. Comme s'il s'était asphyxié dans sa perte. Dans le doute que tu lui craches sans t'en rendre compte.

« ...elle est belle. Elle a des cheveux un peu plus beaux que les tiens. Moins ternes. Plus bouclés. Mais elle n'a pas ton sourire. Tu sais, celui qui fait faire des bonds à mon cœur. Elle a l'air d'être une fille bien. Une fille très bien... Juste un peu paumé. Juste un peu comme moi. Juste un peu moins que moi. Mais moi je suis pas paumé avec toi. Hein ? Je suis pas paumé avec toi, Athéna ? Tu m'aideras à m'en sortir, pas vrai, Athéna ? Alice me fait du mal, tu sais. Alice me fait vraiment mal. Mais je continue de la suivre, parce que je n'ai qu'elle quand t'es pas là. Et je veux pas lui dire, à lui, que je suis complétement paumé. »

Mais c'est pas ça le sujet. C'est toi, le sujet. Et lui il ne parle que des autres. C'est une sorte de réponse, alors que ses yeux se noient dans les tiens, se perdent dans le vide. Alors que la première larme coule. Alors qu'il s'avance vers toi pour se perdre dans ton corps, t'enlaçant de tout son être. L'amour du monde entre ses bras. L'amour impossible que tu lui rappelle, qu'il croit que tu es. Et tu sens ses mains agrippées tes vêtements,, sa voix te chuchoter un je ne veux jamais te perdre, avant qu'il reprenne, avec cette même gravité, sans espéré se décollé de toi. Sans espéré que tu meurs à ses mots qui ne te sont pas destinés.

« Félicia elle est gentille... Je crois qu'elle ne veut que mon bien. Et je suis pas capable de lui prouvé. Mais on se connait à peine. Mais elle ne sera jamais toi. Jamais aucune ne sera toi, d'ailleurs. Et j'peux rien lui apporter de bon. Pour l'instant, je crois qu'elle est encore berné par ces illusions. Puis quand elle va s'en rendre compte, tout va finir. Tout va éclater, pas vrai ? Je l'aime bien. Mais... Mais on vient de deux monde. Je suis le campagnard paumé qui a sombré dans la drogue pour pas se suicidé. J'suis le con de service, qui a besoin de sa dose de malêtre pour croire que sa vie est intéressante. J'suis le connard de service, qui se croit mieux que les autres, alors qu'il est le pire. J'suis pas un gars bien. Et j'pense que si je change pas, je vais la détruire, même sans le vouloir. Et je changerais pas. Parce que moi, je n'aime que toi. »

Dernier coup de couteau qu'il t'assène avant de respirer une dernière fois ton odeur et de se retirer, les yeux brillants à cause des larmes, éclatés à cause de la drogues. Et pourtant il a ce sourire, triste et heureux, ou plutôt heureux et triste. Parce qu'il est conscient de sa situation, parce qu'il sait qu'il est un raté, qu'il a tout merdé. Parce qu'il est là, par terre dans ce bar-restaurant à te regarder, toi qu'il ne connait pas mais qu'il dit apprécier. Parce qu'il est là, effondré dans cette salle où tous l'ont oubliés.


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Felicia Godwin


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MessageSujet: Re: Et cette glace dans nos sangs   Sam 13 Aoû - 21:23

"Une fille bien, gentille".

Ouais, gentille, un peu conne, mais gentille

"Elle ne sera jamais comme toi.
Je l’aime bien".


Tiens donc ? Comme un gentil chien, ou comme un coup facile ?

"Et je ne changerais pas. Parce que moi, je n'aime que toi".

Les larmes roulent sur les joues de la jeune femme, tandis qu’elle se plante ses ongles dans les paumes. Elle se tient droite, raide, immobile devant le junkie, le regardant de haut. La gorge nouée, elle ne sanglote pas. Elle ne sait plus ce qu’elle ressent. Seule la douleur dans sa poitrine la maintient debout. Quel sale connard ! Athéna, Alice, combien y en a-t-il ? Félicia se sent trahie, salie…

Puis la fureur refait surface. Elle voudrait lui lacérer la chair, lui planter ses ongles dans les orbites, lui fracasser le crane avec une bouteille, ou alors lui asséner une gifle magistrale. Elle hésite tandis que la colère gronde dans sa poitrine. Finalement, une idée malsaine germe dans son esprit endolori. Elle se penche vers le junkie, et réussit à desserrer les dents pour susurrer des propos venimeux d’une voie déformée par la rage :

"Allons, ce n’est rien, redresse-toi. Voilà, assieds-toi là. Très bien."


Avec un peu d’aide, le drogué se laisse réinstaller dans le siège. Félicia se redresse, et rabat ses cheveux en arrière. Elle hésite quelques secondes, puis essuie ses larmes, et approche sa bouche de l’oreille d’Alix. Elle s’adresse à lui d’un ton plus sûr, tout bas, certaine que personne n’entendra leurs propos dans le brouhaha de la boite de nuit.

"Je comprends, je comprends. Ce n’est pas facile. Tout est si compliqué…Mais laisse-moi te consoler, reprends donc un peu de cette poudre blanche. Tu en as pris si peu à l’instant, c’est normale que tu sois accablé par les soucis. Tu verras, tu vas aller mieux."

L’apprentie scientiste se relève, laissant l’épave face à la dose supplémentaire de drogue. Elle ne sourit pas, se contentant de la regarder avec mépris. Elle espère que cette nouvelle dose lui apportera la punition qu’il mérite. Sans s’attarder d’avantage, elle se retourne et se dirige vers la sortie, laissant le traitre face à son destin.

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Après seulement quelques pas, Félicia hésite. La colère a refluée. Seul reste le dégout, la nausée… Doit-elle vraiment se rabaisser au niveau de cette loque ? Les larmes brouillent à nouveau sa vue, et dans la pénombre multicolore du club des damnés, elle ne distingue que la table abandonnée devant elle, où reste deux verres à champagne quasiment vide. La nuit aurait dû se passer autrement…
Elle sèche ses larmes, et reste quelques instants immobile au milieu de l’allée. Elle se sent terriblement seule dans cette grande salle remplie de bruits et de la lumière des stroboscopes. Finalement, elle fait demi-tour, avançant à grand pas vers son ancien amant. Arrivée à sa table, elle balaie la poudre d’un revers de manche, et la poussière de diamant scintille sous les néons.

"Pauvre type, tu ne mérites même pas ça. Reste avec qui tu veux. Moi je suis partie, alors n’essaye pas de me retrouver."

Maintenant furieuse contre elle-même, Félicia ne prête pas plus d’attention au junkie, et se dirige vers la sortie.
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